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Le Huitièmeהשמיני

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Le HuitièmePorte 6 sur 1613 minutes

La huitième reine

הַמַּלְכָּה הַשְּׁמִינִית

Un rouleau à demi déroulé sur une table sombre, une simple couronne d'argent posée sur ses rouleaux.
XCIIParagraphe 93 sur 501

Le Huitième et le retour de la voix féminine

Malchus est associée à la parole.

L'élévation future de Malchus comporte donc un changement de voix.

Durant une grande part de l'histoire, la révélation est entendue surtout comme commandement qui descend.

Fais.

Ne fais pas.

Bâtis.

Va.

Souviens-toi.

Garde.

C'est nécessaire.

Mais la relation contient aussi la réponse.

La tefila.

Le chant.

La louange.

La lamentation.

L'interprétation.

Le témoignage.

Le Huitième ne fait pas taire le commandement.

Il permet à la réponse de devenir pleinement audible.

La Torah d'en haut et la Torah telle qu'elle est vécue en bas se rejoignent.

Le cadre joint reconnaît là un marqueur central de la dernière génération : commandement et Torah goûtée intérieurement devenant audibles ensemble.

Ce ne sont pas deux Torah.

C'est une seule Torah achevant son circuit.

XCIIIParagraphe 94 sur 501

Le Huitième et 'Hava

Le nom de 'Hava est lié à la vie.

אם כל חי.

Mère de tout vivant.

Il existe aussi, dans les racines hébraïques, un lien avec l'expression et le récit.

La vie et le dire.

La réceptrice devient celle par qui ce qui était caché devient vécu.

C'est un schéma profondément huitième.

La Torah de l'avenir n'est pas accomplie tant que la vérité divine demeure une idée brillante au-dessus de la vie.

Elle doit devenir vie.

Et la vie doit dire la vérité par la manière dont elle est vécue.

C'est pourquoi la dimension féminine et le Huitième peuvent s'éclairer sans être identiques.

Tous deux révèlent le secret de l'incarnation.

XCIVParagraphe 95 sur 501

La Huitième Reine ne prend pas le trône au roi

L'ascension de la reine ne doit donc pas s'imaginer comme un coup de palais.

Le trône lui-même change de sens.

La royauté d'en haut devient royauté présente au-dedans.

Malchus révèle à la fois le décret et la demeure.

Les dimensions masculine et féminine atteignent l'équilibre.

Le roi demeure roi.

La reine devient couronne.

Le circuit se ferme.

Une théologie obsédée par le remplacement manque toute la profondeur.

Le Huitième n'est pas une revanche.

C'est une union après maturation.

XCVParagraphe 96 sur 501

Le Huitième et « Ateret Baala »

“אשת חיל עטרת בעלה.”

La femme de valeur est la couronne de son mari.

Une couronne se tient au-dessus de la tête.

De nouveau.

Non parce que la tête serait inutile.

La couronne requiert la tête.

La tête porte la couronne.

Le contexte supérieur devient visible à travers une conscience structurée.

Ce verset résonne donc fortement avec le huit.

La racine cachée qui paraissait en dernier dans la hiérarchie révélée devient enveloppante.

La fin est première dans la pensée.

Malchus s'élève vers sa source.

La Huitième Reine paraît non comme rébellion mais comme atara.

XCVIParagraphe 97 sur 501

Le Huitième et la lune

Malchus est comparée à la lune.

La lune ne possède pas de lumière propre au sens astronomique ordinaire.

Elle reçoit.

Pourtant la nuit est transformée par la lumière réfléchie.

La lune croît aussi et décroît.

Ce rythme cyclique appartient à l'exil.

La tradition juive porte l'espérance d'une lune restaurée.

La nature réceptive de la lune n'est pas annulée.

Sa diminution est guérie.

De nouveau, le récepteur devient lumineux précisément en tant que récepteur.

Le Huitième ne dit pas à Malchus de devenir le soleil.

Il révèle la majesté cachée de la lune.

XCVIIParagraphe 98 sur 501

David, la lune et Moshiach

La royauté davidique suit le symbolisme lunaire.

Diminution.

Occultation.

Retour.

Roch 'Hodech contient un renouveau après la disparition.

C'est un temps cyclique, à la façon du sept.

Mais Moshiach ben David porte la racine davidique vers la permanence.

Le cycle de la lune s'ouvre en une royauté éternelle.

Ainsi l'image de Moshiach-comme-Huitième peut se lire comme la Malchus davidique passant de l'occultation cyclique à une révélation durable.

La lune demeure lune.

Mais l'exil ne définit plus sa lumière.

XCVIIIParagraphe 99 sur 501

Le Huitième est la rédemption du récepteur

On peut résumer une grande part du maamar ainsi :

Le monde septuple apprend à recevoir.

Le Huitième révèle à quoi servait la réception.

C'est pourquoi la brit appartient au huit.

Pourquoi Chemini Atseret appartient au huit.

Pourquoi la harpe future appartient au huit.

Pourquoi Moshiach appartient au huit.

Pourquoi Malchus se tient près du mystère du huit.

Pourquoi or 'hozer importe.

Pourquoi le monde le plus bas importe.

Pourquoi la chair voit.

Pourquoi la terre sait.

Pourquoi la révélation finale ne peut être une évasion hors de la création.

Le destinataire ne fut jamais accessoire.

Le destinataire porte la finalité du don.

XCIXParagraphe 100 sur 501

Le ciel donne, la terre enfante

Le ciel peut verser la pluie.

Il ne peut faire pousser du blé dans le ciel.

La terre reçoit.

Puis quelque chose de nouveau émerge.

C'est l'une des métaphores les plus simples et les plus profondes de tout le Huitième.

Le donateur fournit le potentiel.

Le récepteur l'actualise.

Cela ne rend pas la terre indépendante du ciel.

Sans pluie, rien ne pousse.

Sans terre, la pluie ne produit aucune récolte.

Le fruit final appartient à la relation.

Le Huitième est fruit.

Sept est l'écologie achevée qui rend le fruit possible.

Moshiach n'est pas le ciel vainquant la terre.

Il est le fruit qui paraît.

CParagraphe 101 sur 501

Le galout comme gestation

Si l'avenir est caché dans le présent, le galout peut se comparer prudemment à une gestation.

Non parce qu'il faudrait romancer la souffrance.

Une blessure reste une blessure.

L'injustice reste l'injustice.

Mais la gestation nous donne un langage structurel pour un développement caché.

Quelque chose de réel existe avant de devenir visible.

L'occultation protège la formation.

La pression augmente vers la naissance.

Ce qui émerge n'était pas absent hier du seul fait qu'on ne le voyait pas.

La septième génération, comprise comme la dernière du galout et la première de la Guéoula, se tient à ce seuil de gestation.

Le Huitième est naissance.

Non création ex nihilo.

Révélation de ce qui a mûri dans l'occultation.

CIParagraphe 102 sur 501

La naissance n'est pas un rejet de la matrice

De nouveau, achèvement et non correction.

À la naissance, la fonction de la matrice change.

Personne n'appelle la gestation une erreur parce que l'enfant doit la quitter.

La naissance n'insulte pas non plus la grossesse.

La naissance prouve que la grossesse a réussi.

De même le Huitième n'insulte pas la sainte avodah du galout.

Les Juifs qui gardèrent les mitsvot sous l'empire, la pauvreté, la persécution et l'occultation ne vivaient pas dans une préface jetable.

Ils ont bâti les réceptacles.

La naissance leur appartient.

Le Huitième est redevable à chaque mitsva cachée accomplie quand nulle rédemption n'était visible.

CIIParagraphe 103 sur 501

Le Huitième et les Juifs cachés

Songez aux générations qui allumaient les bougies de Chabbat en silence.

Qui étudiaient la Torah sous la menace.

Qui donnaient la tsedaka étant pauvres.

Qui murmuraient le Chema.

Qui franchissaient des frontières en portant des séfarim.

Qui enseignaient aux enfants en secret.

Qui rebâtissaient des communautés après la destruction.

Leurs actes ne ressemblaient pas à une architecture cosmique.

Ils l'étaient.

Chaque mitsva renforçait la demeure.

Le Huitième révèle le poids de ce qui paraissait petit.

Cela aussi est « la vérité germant de la terre ».

Les actes les plus bas deviennent visibles dans leur racine la plus haute.

CIIIParagraphe 104 sur 501

Le Huitième et le renversement de l'échelle

Le galout mesure la grandeur à la visibilité.

Les rois.

Les empires.

Les armées.

La richesse.

Les monuments.

La Torah cache souvent ailleurs les mouvements décisifs de l'histoire.

Une tente.

Un puits.

Un enfant.

Un repas.

Une prière.

Une alliance.

Une femme allumant des bougies.

Un homme mettant les tefilin.

Un maître avec un seul élève.

Le Huitième révèle une autre échelle.

Ce qui portait la finalité divine devient central.

C'est une autre élévation de Malchus.

Le réceptacle apparemment petit se révèle cosmiquement décisif.

CIVParagraphe 105 sur 501

Le Huitième et la maison comme Mikdash Me'at

Le Beis HaMikdash est demeure macrocosmique.

Le foyer juif est demeure microcosmique.

Une maison où Hachem est connu n'a pas besoin de devenir un monastère.

Elle devient plus humaine.

La chaleur.

L'ordre.

La beauté.

L'hospitalité.

Les limites.

L'étude.

La nourriture.

Le repos.

L'intimité.

Le don.

Le pardon.

Ce sont là des formes par lesquelles la Chekhina demeure.

Le Huitième est éprouvé ici, car la maison est le lieu où l'abstraction perd sa protection.

On peut parler magnifiquement de l'unité et ne toujours pas écouter.

On peut parler de Malchus et humilier quand même.

On peut parler de Moshiach et négliger la personne à table.

Le Huitième refuse cette scission.

CVParagraphe 106 sur 501

Le Huitième et la sainteté incarnée

L'avenir n'est pas contre le corps.

Le corps jeûne.

Le corps mange la matsa.

Le corps s'assied dans la souka.

Le corps danse avec la Torah.

Le corps porte les tefilin.

Le corps se repose le Chabbat.

Le corps enfante.

Le corps entre dans l'alliance.

Le corps s'incline.

Le corps chante.

Le judaïsme n'a jamais permis à la spiritualité de devenir entièrement cérébrale.

Huit radicalise cette incarnation.

La brit est sainteté du huitième jour inscrite dans la chair.

La perception future est la chair qui voit.

La résurrection restaure les corps.

La demeure ultime est en bas.

Le message pourrait difficilement être plus clair.

CVIParagraphe 107 sur 501

Le Huitième et le désir

Le désir est souvent tenu pour dangereux, car un désir non rectifié peut tirer la conscience vers le bas.

C'est vrai.

Mais la 'Hassidout sait aussi que le désir peut révéler des racines très profondes.

Keter contient ratson.

Le problème n'est pas que le désir existe.

La question est de savoir ce que le désir sert.

Le désir divin d'une dirah betachtonim est lui-même placé à la racine de la création.

Le Huitième n'abolit donc pas le désir.

Il en rectifie la direction.

Le désir cesse de s'achever en soi.

Il devient alliance.

La création apprend à désirer ce pour quoi elle a été désirée.

CVIIParagraphe 108 sur 501

Le Huitième et le ta'anoug

Au-dessus de la volonté révélée se tient le délice.

Le « pourquoi » caché sous le commandement.

On peut obéir à une volonté sans en comprendre le délice.

L'histoire peut accomplir les mitsvot tandis que la douceur la plus profonde de la finalité divine demeure occultée.

L'avenir messianique révèle de plus en plus le ta'anoug.

Non un plaisir à bon marché.

La joie de l'accord entre la finalité du Créateur et l'accomplissement de la création.

Alors la mitsva n'est plus éprouvée seulement comme une obligation venue du dehors.

Le délice intérieur commence à briller.

C'est un autre mouvement du décret vers la demeure.

Du Roi d'en haut vers la Présence au-dedans.

CVIIIParagraphe 109 sur 501

Le Huitième et le rire de Sarah

Le rire appartient mystérieusement à la naissance impossible.

Sarah rit autour de la promesse d'Its'hak.

Le nom même d'Its'hak porte le rire.

L'impossible entre dans un corps.

La vieillesse produit l'avenir.

L'attente naturelle close s'ouvre.

Cela aussi porte une saveur de Huitième.

Non parce que tout miracle serait huit, mais parce qu'une naissance au-delà de l'attente ordinaire révèle l'ordre naturel recevant ce qu'il ne pouvait engendrer de lui-même.

Le rire futur :

“אז ימלא שחוק פינו.”

Peut donc résonner avec le rire de la naissance impossible.

La Guéoula est l'histoire enfantant au-delà de sa capacité visible.

CIXParagraphe 110 sur 501

Le Huitième et le retour depuis le silence

Une grande part de la Torah la plus profonde commence dans le silence.

Moshe se tient devant le buisson ardent.

Élie entend le kol demama daka.

La Chekhina est cachée.

Esther ne contient aucun Nom divin explicite.

Le silence n'est pas toujours absence.

Parfois le non-dit attend le langage capable de le porter.

Le Huitième est l'âge où certaines relations cachées deviennent dicibles sans être vulgarisées.

C'est pourquoi une Torah nouvelle doit être prudente.

Une révélation trop précoce peut aplatir le mystère.

Une révélation au moment juste peut achever un circuit.

CXParagraphe 111 sur 501

Le Huitième et le secret d'Esther

Pourim n'est pas une fête de huit jours, mais son occultation offre une clé du Huitième.

Le Nom de Hachem est absent de la Meguila.

Pourtant la Providence sature le récit.

Cette absence même exerce l'œil à voir sans miracle explicite.

C'est profondément messianique.

La plus haute révélation ne signifie pas toujours un surnaturel plus spectaculaire.

Elle peut signifier une plus grande capacité à voir Hachem dans la causalité ordinaire.

Un roi ne peut dormir.

Un livre est lu.

Un moment change.

Une femme parle.

L'histoire tourne.

Nulle mer ne se fend.

Pourtant la Main cachée devient visible par le motif.

Le Huitième perfectionne cette vision.

La nature elle-même devient lisible.

CXIParagraphe 112 sur 501

Le Huitième et la résonance future de Pourim

'Hazal attribuent à Pourim une endurance extraordinaire dans l'avenir.

Pourquoi une fête de l'occultation resterait-elle si pertinente quand la révélation augmente ?

Parce que la Guéoula la plus profonde ne nous apprend pas seulement à reconnaître D-ieu quand les miracles suspendent la nature.

Elle nous apprend à Le reconnaître quand la nature reste la nature.

Pourim est un entraînement au huit.

Non une transcendance hors du monde.

Une Providence à l'intérieur du monde.

CXIIParagraphe 113 sur 501

Le Huitième et l'huile de 'Hanouka

L'huile aussi nous donne une image adéquate.

L'huile peut demeurer cachée dans l'olive.

La pression la libère.

Elle ne se mêle pas aisément aux autres liquides et s'élève au-dessus d'eux, et pourtant elle peut imprégner la matière et donner de la lumière.

Au-dessus et au-dedans.

Makif et pnimi.

Transcendance et illumination.

Les huit jours de 'Hanouka portent donc une substance dont les propriétés font écho à la structure.

L'essence cachée émerge par la compression et devient flamme.

De nouveau l'occultation.

La pression.

La révélation.

CXIIIParagraphe 114 sur 501

Le Huitième et l'âme de la Torah

La 'Hassidout est souvent comparée à l'huile.

Elle pénètre toutes les parties de la Torah.

Elle ne fonctionne pas comme un compartiment de plus.

Le Huitième pourrait donc correspondre non à « davantage d'information mystique » mais à la qualité d'âme de la Torah devenant visible à travers la Torah tout entière.

La halakha brille autrement.

L'aggada.

La Guemara.

Le Midrach.

Le Tana'h.

La Kabbale.

Tout révèle une unité plus profonde.

Les sources se répandent au-dehors jusqu'à ce que la distinction entre centre et dehors commence à changer.

Alors la 'Hassidout n'apparaît plus seulement comme une fontaine que l'on visite.

Son eau entre dans le paysage.

CXIVParagraphe 115 sur 501

« Yafoutsou Maayanotekha 'Houtsa » et le huit

La fameuse réponse au Baal Chem Tov lie la venue de Moshiach à la diffusion des sources vers le dehors.

Vers le dehors.

'Houtsa.

Le mot implique un dedans.

Une source.

Une limite.

Un au-delà.

Les générations de la 'Hassidout poussent vers le dehors.

L'Alter Rebbe donne une forme intellectuelle.

Ses successeurs élargissent les canaux.

La septième génération accélère la diffusion à travers la géographie, la langue et la technique.

Mais que se passe-t-il quand la source atteint le dehors ?

Le « dehors » change.

C'est peut-être une autre définition du huit.

Non seulement les sources voyageant plus loin.

Le dehors devenant mouillé.

CXVParagraphe 116 sur 501

Quand 'houtsa devient réceptacle

D'abord le dehors résiste.

Puis il tolère.

Puis il reçoit.

Puis il traduit.

Puis il commence à poser ses propres questions.

À ce moment, le destinataire est actif.

Or 'hozer commence.

Le Huitième n'est pas la fin de la diffusion.

C'est la diffusion devenant habitation.

La Maison 'Habad ne devient pas seulement une ambassade de sainteté en territoire étranger.

Le territoire lui-même commence à révéler des étincelles.

La distinction entre source et destination demeure.

Mais la destination devient part du chant.

CXVIParagraphe 117 sur 501

Le Huitième et la sagesse des nations

Un monde messianique rempli de Daat Hachem n'a pas à rejeter toute réussite de la civilisation humaine.

Il en rectifie l'orientation.

La science devient émerveillement sans idolâtrie.

La médecine devient 'hessed sans culte du contrôle.

La technique devient service plutôt que domination.

L'art devient révélation de beauté sans déification du moi.

Le gouvernement devient intendance.

L'économie devient responsabilité pour la demeure.

Le Huitième ne brûle pas la civilisation parce qu'elle est matérielle.

Il demande si la matière peut servir une finalité.

CXVIIParagraphe 118 sur 501

Le Huitième et l'art

L'art convient particulièrement au seuil entre sept et huit.

La forme appartient au sept.

La couleur.

La ligne.

Le rythme.

La structure.

La technique.

Mais le grand art porte aussi quelque chose qui excède ses parties mesurables.

La présence.

Le sens.

Le makif.

L'artiste ne peut pas toujours énoncer pleinement ce que l'œuvre achevée contient.

Le réceptacle porte plus que l'explication explicite.

C'est un petit analogue humain du huit entrant dans le sept.

La forme devient transparente à un sens qui la déborde.

L'art, dans une conscience messianique, n'a pas à devenir propagande.

Sa sainteté peut consister à rendre le monde plus perceptible comme réceptacle.

CXVIIIParagraphe 119 sur 501

Le Huitième et la beauté

Tiferet signifie beauté.

La beauté paraît souvent quand la multiplicité est tenue à l'intérieur de l'unité.

Une seule couleur peut être pure.

Une composition devient belle par la relation.

Le Huitième révèle la beauté des sept comme composition.

Les différences séfirotiques de l'histoire cessent d'apparaître comme un morcellement.

'Hessed a besoin de Guevourah.

Netsa'h a besoin de Hod.

Yessod a besoin de Malchus.

Le donateur a besoin du récepteur.

La ligne a besoin du retour.

La tête a besoin de la couronne.

Les Sept ont besoin du Huitième.

Et le Huitième a besoin des Sept s'il doit se manifester.

CXIXParagraphe 120 sur 501

Le Huitième et l'amour

L'amour dans le sept peut être 'Hessed.

Expansion.

Don.

Débordement.

L'amour dans le Huitième doit aussi savoir demeurer.

Non seulement « je te donne ».

« Je reste avec toi. »

Non seulement fleuve.

Foyer.

Non seulement lumière.

Chaleur.

Le monde messianique n'est pas racheté du seul fait qu'une bonté abondante se déverse d'en haut.

Il est racheté quand la bonté devient habitable.

Voilà la différence entre abondance et alliance.

CXXParagraphe 121 sur 501

Le Huitième et Guevourah

Guevourah aussi est rachetée.

Une erreur spirituelle courante identifie transcendance et absence de limites.

Mais sans Guevourah, 'Hessed inonde.

Sans limite, l'intimité devient intrusion.

Sans loi, la liberté se dévore elle-même.

Le Huitième n'abolit donc pas Guevourah.

Il en révèle la finalité supérieure.

La limite protège la demeure.

La halakha rend la sainteté habitable.

Les murs de la maison rendent une maison possible.

Le Huitième honore le mur parce qu'il veut la Présence au-dedans.